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Ce qui m’a immédiatement fasciné dans le travail de Bernard Pras, c’est l’inversion du principe de perspective. Cette invention majeure de la Renaissance a permis la représentation d’un espace tridimensionnel sur une surface à deux dimensions. Une surface, où les lignes de fuite déterminent le point de fuite. La troisième dimension est ainsi projetée sur un espace bidimensionnel; il s’agit donc d’un procédé d’abstraction.

Ce procédé n’est rendu possible que par le biais de trucages, un « trompe l’œil » où l’œil est effectivement trompé. Le monde réel est apparemment représenté en trois dimensions, il traverse et rompt la surface bidimensionnelle sur laquelle il est projeté.

Bernard Pras, lui, fait exactement le contraire : il construit un ensemble d’objets hétéroclites tridimensionnels qu’il réunit en une surface bidimensionnelle et ce, à l’aide d’une lentille fixée devant l’œil et d’un angle bien précis.

C’est ce résultat qui compte pour lui. Il devient alors logique d’exposer les photographies des différents résultats et de les déclarer comme tableaux.

Personnellement, ce qui m’a fasciné, c’est bien évidemment le chaos qui est la base du résultat de l’œuvre, m ais aussi le processus technique de son aboutissement : la culbute de l’invention du « trompe l’œil ».

Le cubisme a dénoncé le point fixe car nous sommes en perpétuel mouvement. Bernard Pras le réutilise, tout en chamboulant les acquis de la Renaissance.

Salut Bernard, tu m’as beaucoup amusé !

Daniel Spoerri

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